Identification des victimes: empreintes digitales, dentaires ou test ADN en dernier ressort
source: news.yahoo.com (vendredi 19 aout 2005)
MARACAIBO (AFP) - Les médecins légistes qui travaillent à l'identification des victimes de l'accident d'avion au Venezuela privilégient la reconnaissance grâce aux empreintes digitales ou dentaires et n'opteront qu'en dernier ressort pour la recherche ADN, qui peut durer des mois.
Les experts vénézuéliens et français mobilisés dans la morgue de Maracaïbo et dans un laboratoire de la faculté de médecine de cette ville du nord-ouest du Venezuela, proche du lieu de la chute, mardi, d'un appareil de la compagnie colombienne West Caribbean, ont commencé à comparer des empreintes recueillies sur les cadavres ou morceaux de corps avec des données recueillies dans leur pays d'origine.
"La reconnaissance visuelle des corps est impossible", constate un médecin légiste de Fort-de-France (Martinique), Stéphane Malbranque.
Pour les corps dont on peut exploiter la denture et les empreintes digitales, "on récolte des informations ante mortem et post mortem et on les compare. Cela peut prendre plusieurs jours, voire une dizaine de jours", explique le médecin.
Pour les autres, ajoute-t-il, "il va falloir procéder à des analyses ADN".
"Mais la recherche ADN, il faut savoir que c'est très long, ça peut prendre des semaines ou des mois", prévient Guy Joly, chirurgien dentiste et odontologue légal, membre de l'équipe de 12 experts en identification judiciaire du ministère français de l'Intérieur, régulièrement envoyés sur tous les types de catastrophes.
Ils sont arrivés jeudi à Maracaibo avec 4 tonnes d'équipements, dont du matériel réfrigérant et un laboratoire mobile d'analyses.
A Fort-de-France, "une cellule ante mortem a été mise en place, elle est chargée de rassembler les dossiers médicaux et dentaires des passagers", précise le docteur Joly. Les informations seront ensuite envoyées via internet vers le laboratoire d'analyses installé à Maracaïbo.
Un logiciel informatique permet de déterminer si les empreintes digitales, avant et après la mort, sont identiques.
Guy Joly comprend la déception des familles ou des proches qui ne pourront pas se recueillir devant les dépouilles des victimes (les 152 passagers français et huit membres d'équipage ont tous péri). "Il faut expliquer aux familles que ce n'est pas possible, les corps sont trop dégradés, qu'il est mieux qu'ils gardent en mémoire une image plus positive", dit-il d'un air désarmé.
Malgré les difficultés, comme la réfrigération tardive des corps, "les médecins légistes vénézuéliens ont déjà fait un gros travail", affirme-t-il.
Le chef de la police scientifique vénézuélienne, Marco Chavez, a annoncé que sept des huit membres de l'équipage colombien avaient été identifiés grâce à leurs uniformes et aux empreintes dentaires communiquées par les autorités colombiennes.
"Il est impossible de les identifier visuellement, il faut recourir aux méthodes scientifiques", confirme le policier.
Les familles des victimes de la catastrophe aérienne étaient attendues vendredi et samedi à Maracaïbo "pour commencer leur deuil", selon le conseiller régional de la Martinique, Michel Michalan.
Une chapelle ardente a été dressée dans la faculté de médecine qui abrite la morgue et des cérémonies religieuses sont programmées. Une équipe de psychologues les attend pour leur apporter un soutien psychologique.
Aux abords de la morgue de Maracaïbo, l'odeur des corps en décomposition est difficilement supportable. Une maternité proche a dû être évacuée et la zone a été fumigée par avion. Toutes les personnes participant à la récupération ou au transfert des corps sont vaccinées pour éviter une infection.
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